Électricien à Poitiers, Benoît Seguin a rejoint les entrepreneurs de l’AlterBative depuis le mois de juillet dernier. Originaire de Saintes, où il a grandi, il a choisi l’électricité dans le cadre d’une reconversion professionnelle après un parcours universitaire et une expérience des programmes de financement européens. Rencontre avec un électricien attentif à votre consommation…

Bonjour Benoît, tu as exercé un tout autre métier avant de devenir électricien. Quel est ton parcours professionnel ?

J’ai suivi des études de géographie sur les bancs de l’Université de Poitiers, puis à Montpellier et à Lille où j’ai obtenu mon diplôme en 2010. Je m’y suis installé le temps de mes premières expériences professionnelles. J’ai notamment occupé un poste de chargé de mission au conseil départemental du Pas-de-Calais qui m’a permis d’exercer mes compétences en lien avec les programmes européens de financement de projets.

Qu’est ce qui t’a conduit à devenir électricien ?

Je suis revenu à Poitiers en 2017 dans le cadre d’un rapprochement familial. À l’époque, je n’ai pas retrouvé de poste tout de suite dans ma branche et ça a été le début d’une réflexion sur le sens que je recherchais dans le travail, sur l’utilité de mes expériences passées et sur l’insatisfaction qu’elles m’avaient parfois procuré. 

En parallèle, j’ai acquis à l’époque un appartement qui présentait d’importants travaux de rénovation. J’ai décidé de les entreprendre seul et je me suis découvert un véritable attrait pour le bâtiment. Et l’électricité répondait à la recherche de sens qui m’animait à ce moment-là.

C’est comme ça que tu as engagé ta reconversion ?

Oui, j’ai bénéficié d’un appui de Pôle Emploi qui m’a été très bénéfique. Ils m’ont accompagné dans le cadre d’une demande de subvention auprès de la région Nouvelle-Aquitaine pour obtenir une formation qualifiante. Son obtention m’a ouvert une place à l’AFPA de Châtellerault qui propose une formation d’électricien d’équipement du bâtiment (EEB).

Il s’agit d’un titre professionnel délivré par le ministère de l’Emploi de niveau 3 (CAP/BEP). La formation dure 7 mois et forme à l’installation des réseaux d’énergie et des équipements en courant fort et courant faible. Elle aborde également la question des solutions d’efficacité énergétique dans les bâtiments, un des aspects du métier d’électricien qui m’intéresse particulièrement.

La formation d’électricien d’équipement du bâtiment est une formation qualifiante. Est-ce qu’elle inclut des stages professionnels ?

Oui, j’ai suivi 2 stages dans le cadre de la formation, dont un avec Jérôme Bouniot, un électricien qui a créé son activité au sein de l’AlterBative. Cette expérience a été la plus significative pour la suite de mon parcours.

J’ai d’abord voulu éprouver mes compétences dans le cadre d’activités salariées (notamment en intérim). Mais, au-delà de son expérience, Jérôme m’a aussi transmis l’envie d’entreprendre. Il m’a encouragé à créer mon activité et à me mettre à mon compte.

Ce que j’ai d’abord fait en micro-entreprise avant de réaliser le constat d’un statut limité pour développer une activité dans un cadre réglementaire exigeant (garantie décennale, assurance, etc.). Ces limites et le contact que j’avais gardé avec Jérôme m’ont conduit à rejoindre l’AlterBative. 

Que t’apporte le statut d’entrepreneur-salarié aujourd’hui ?

Pour l’instant, je suis encore en contrat CAPE. Une période d’essai en quelque sorte, mais qui m’offre déjà l’opportunité d’amorcer mon activité dans un cadre sécurisant avec l’appui d’une équipe technique et de collègues. 

La coopérative permet de s’affranchir des difficultés relatives au parcours classique de la création d’entreprises. Je peux me concentrer sur le cœur de mon métier en me délestant de toute une partie des questions administratives ou assurantielles.

Par ailleurs, j’ai rejoint ADLIB un projet initié par certains entrepreneurs-salariés de l’AlterBative. Nous mutualisons nos moyens pour louer un espace de stockage dans le centre de Poitiers. C’est aussi un lieu de vie et de réunions qui nous permet d’échanger sur nos métiers, de partager nos expériences. Rien de tout ça n’aurait été possible aussi vite sans le concours de la coopérative.

Pour quels types de besoins peut-on faire appel à tes services aujourd’hui ? Et dans quel secteur ?

J’interviens principalement sur l’agglomération de Poitiers et ses environs. J’offre mes services dans le cadre de travaux de rénovation d’électricité générale (tableau électrique, prises, lumière, rénovation de cuisines, etc.) et dans le cadre de dépannages. Je prévois également d’étendre mon offre à la réalisation d’installation domotique avec l’objectif d’accompagner mes clients dans la gestion de l’énergie de leur habitat. Je pense qu’il est du rôle d’un artisan d’être attentif à ne pas pousser à la consommation, à ne préconiser que ce qui est indispensable. 

De la même manière, je propose à mes clients qui le souhaitent et qui le peuvent de réduire la facture de mes interventions dans le cadre de chantiers accompagnés. Ils peuvent participer à la rénovation électrique de leur habitat et sont nombreux à apprécier cette possibilité.