Installée en Charente Limousine, où elle exerce son activité de maçonne du bâti ancien sous le nom de La Truelle verte, Clotilde Garnier compte parmi nos entrepreneurs-salariés de la première heure. Au-delà des travaux de rénovation qui font son quotidien (murs en pierre, rejointoiement, enduits, ouvertures), Clotilde s’est investie dans notre projet coopératif depuis son arrivée à l’AlterBative. Elle revient sur ce cheminement qui l’a conduit à occuper la cogérance de notre Coopérative d’Activité et d’Emploi (CAE).

Qu’est-ce qui t’a amené à rejoindre l’AlterBative lors de la création de ton activité ?

Suite à la fermeture de l’entreprise dans laquelle j’étais salariée, je souhaitais créer mon entreprise, mais je n’étais pas rassurée par le fait de me lancer seule.

C’est en cherchant un mode d’entrepreneuriat qui me corresponde que j’ai découvert l’Alterbative, le statut d’entrepreneur salarié au sein d’une CAE, et l’accompagnement personnalisé qui y est proposé.

Ce modèle m’a convenu pour lancer mon activité à mon rythme et dans un cadre sécurisé.

Tu as vécu toutes les étapes du parcours coopératif. Que retiens-tu de ce cheminement et des différentes fonctions que tu as occupées au sein de l’AlterBative ?

Au démarrage, le contrat CAPE permet de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale en toute sécurité. Durant cette période, j’ai été accompagnée par l’équipe d’appui pour construire mon projet, tout en pouvant commencer des chantiers tout de suite. C’est aussi un temps de découverte du groupe et des membres qui en font partie.

Le statut d’entrepreneur-salarié m’a permis de conforter mon activité, de trouver mon rythme de travail, de mieux appréhender mes chantiers et de préciser mes tarifs de vente. Cette période a également été l’occasion de réaliser des chantiers avec d’autres entrepreneurs-salariés de l’AlterBative.

Après 3 ans d’activité, devenir associé, c’est entrer dans les rouages de la machine qu’est l’AlterBative, comprendre ce qu’est une CAE, et y apporter son grain de sel.

Je suis également co-gérante depuis 2 ans maintenant, et ma vision de l’entreprise SCOP-CAE, a beaucoup évolué. Que ce soit par les échanges avec les associés, ou avec les divers réseaux dont nous faisons partie. J’ai pris conscience de la coopération au niveau national, dans le mouvement des SCOPet des CAE.

C’est une expérience très enrichissante humainement, même s’il n’est pas toujours simple de jongler entre ce rôle et mon activité de maçonne.

Justement, est-ce que ton activité de maçonne a évolué depuis ta création dans la CAE ?

Oui, bien sûr ! J’ai pu suivre de nombreuses formations, que ce soit en atelier interne à la coopérative, ou via des organismes de formation, aussi bien sur les pratiques de ventes et la relation client, sur la sécurité, que sur des compétences techniques pour affiner et compléter les services que proposent mon activité, et mon rôle d’associé et de gérante.

Il m’arrive aussi de travailler en collaboration avec des collègues maçons, membres de la coopérative ou non, pour certains chantiers. Par ailleurs, nous nous recommandons mutuellement auprès de nos clients lorsqu’ils recherchent des services complémentaires aux nôtres.

Qu’est ce qui continue de t’attirer dans la coopérative aujourd’hui ? Autrement dit, pourquoi ne pas avoir créé ta propre entreprise ?

Le statut d’entrepreneur salarié convient bien à mon activité, et à mon tempérament. L’Alterbative, offre de nombreux outils, qui me conviennent.

Et j’aime les gens qui en font partie. Ces raisons sont largement suffisantes pour conforter mon choix initial.

Est-ce que c’est un statut sur lequel tu communiques auprès de tes interlocuteurs (clients, fournisseurs, etc.) ?

Pas vraiment,  sauf s’ils me posent des questions. La plupart du temps, ils ne connaissent pas ce statut. Ils souhaitent juste que le travail soit bien réalisé. À la différence de notre envie d’entreprendre de manière collective, nous sommes des artisans comme les autres.