Édifices uniques, refuge de simplicité, rêve d’enfant, réponse à l’urgence écologique, habitat touristique, dans les arbres ou sur l’eau, les cabanes interrogent autant qu’elles attirent. Il n’en fallait pas plus pour susciter notre intérêt quand René Godart (Marcel dans la vie de tous les jours) nous a présenté son projet de reconversion…

“gagner ma vie en construisant des cabanes”

Technicien du spectacle (son et éclairage) pendant 18 ans, Marcel a eu “besoin de changer d’air”. En 2016, il décide de suivre une formation au Titre Professionnel (équivalent au CAP ) de charpentier bois à la Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment, à Floirac près de Bordeaux.

“Je voulais déjà gagner ma vie en construisant des cabanes mais il me fallait un diplôme – même le plus modeste – afin d’acquérir pour ma pratique, les bases du métier, et mettre ma clientèle en confiance quant à mes capacités professionnelles.”

Aujourd’hui Marcel envisage de développer un modèle de petite cabane reproductible sur une base unique et déclinable suivant les desiderata de ses clients : isolée ou non, avec plus ou moins d’ouvertures, des types de couvertures différents, etc.

En attendant de parfaire son modèle, il exerce déjà ses compétences en répondant aux demandes de travaux de particuliers. Ses chantiers du moment sont à la mesure d’un homme seul, sans moyens lourds de transport ou de levage.

“J’interviens sur ce que j’appelle de la “petite charpente”, à savoir des réparations que je peux effectuer seul, sans grands moyens, sur de la charpente traditionnelle, ou de petits aménagements assez courants, tels que les abris à voiture, les petites terrasses, le bardage, la création d’une bibliothèque, d’un clôture, ou d’un poulailler…”

“des bois à faible coût, aux qualités éprouvées, et régionaux”

Installé entre La Rochelle et Niort, il souhaite développer son activité dans la région et si possible s’y approvisionner : “il y a des bois à faible coût, aux qualités éprouvées, et régionaux, il y a plein de ressources par ici !”

Après avoir tâtonné quelques mois à la recherche du mode de fonctionnement le plus pertinent ( micro-entreprise, Cesu, Eirl, portage entrepreneurial… ), Marcel a rejoint notre coopérative le 12 mars 2020, avec un sentiment d’évidence pour le statut d’entrepreneur-salarié :

“Lorsque j’étais en formation il y a quatre ans, un co-stagiaire m’a parlé de Coop&Bât, la CAE installée près de Bordeaux. C’est eux qui m’ont dirigé vers l’AlterBative suite à ma migration en Charente Maritime après une rencontre amoureuse… J’y trouve un appui fort par une équipe sérieuse, des co-entrepreneurs solidaires, le partage de ressources, d’informations et de charges, whaou ! tout ça à la fois…”

Personnellement je suis passé par des phases de découragement avec la montagne de démarches à effectuer lorsqu’on veut construire quelque chose, et puis quand on n’y connaît rien en gestion d’entreprise, la tâche est colossale ! Certains sont très à l’aise avec ces aspects, d’autres pas du tout et c’est mon cas.

Il est toujours possible de créer son activité, il y a sûrement toujours une voie, parfois lente à se révéler. La persistance à chercher la bonne forme permet en tous cas de vérifier à quel point l’on est motivé !

Et si les petites cabanes abritent une part de rêve, elles nourrissent aussi ceux de Marcel : “Je n’exclus pas d’aller en installer un jour en Savoie ou dans les Pyrénées !”