Pour créer Ecodemeure en 2015, Laurent Simon a fait le choix de l’AlterBative. Installé à Niort, cet artisan charpentier et constructeur bois a développé son offre de service dans la construction de maisons et d’extensions bois, dans l’isolation, ou encore dans la réalisation de terrasses et de pergolas. Coopérateur de la première heure à l’AlterBative, il retrace son parcours et les bienfaits du statut d’entrepreneur-salarié sur son activité.

Bonjour Laurent, pourrais-tu nous dire en quelques mots ce que t’a apporté la coopérative ?

D’abord la coopérative a facilité la création de mon activité, j’ai bénéficié d’une structure existante avec un cadre légal et sécurisé. Je n’ai pas eu besoin de tout créer, j’étais ainsi très rapidement opérationnel pour les chantiers.

Par ailleurs, on est bien accompagné dans nos procédures administratives. Je pense par exemple aux devis et aux factures qui font l’objet d’une validation par notre accompagnateur technique à nos débuts.

J’ai réalisé mes premiers chantiers en collaboration avec d’autres entrepreneurs de la coopérative, cela m’a permis d’avoir rapidement du travail. J’apprécie le travail collaboratif avec les entrepreneurs de la coopérative : les relations de travail sont exemptes de tension, il n’y a pas de pression entre nous et quand on collabore avec un entrepreneur, on fait notre maximum pour que le chantier se passe bien. Et puis certains chantiers sont techniques, les aborder ensemble avec d’autres entrepreneurs permet d’être plus serein.

La coopérative m’a également permis d’accéder à de nombreuses formations en interne ou externe : sécurité, échafaudage, Caces, formation technique d’application d’isolant ouate, paille, RGE FEEBAT, menuiserie…

Grâce à la coopérative, aux formations en interne et aux services de Benoît notre prestataire web, j’ai pu mettre en place des outils de communication qui ont accru ma visibilité sur mon secteur et ont développé mon activité.

En tant qu’entrepreneur salarié et associé, mon activité s’est développée, j’ai pu investir dans du matériel, peaufiner mon modèle économique et accueillir des stagiaires.

La contrepartie de ce développement, c’est une charge de travail très importante. Aujourd’hui, je fais face à une forte demande et par manque de disponibilité ou des chantiers trop importants pour ma structure, je ne peux y répondre.

De fait, je ne me suis pas impliqué comme je le souhaiterais dans la gouvernance de l’AlterBative et ne participe pas suffisamment à la vie de la coopérative. Par ailleurs étant éloigné de Poitiers, je ne bénéficie pas de la proximité de mes collègues charpentier et menuisier : leur disponibilité est moindre étant donné la distance. Je dois parfois faire appel à du travail intérimaire. Ce n’est pas négatif mais cela me manque parfois de travailler avec les collègues.

Est-ce que ton activité a évolué depuis sa création dans la CAE ? en termes de services, de prestations ? en termes de collaboration avec d’autres artisans (membres ou non de l’AlterBative ?) de relation client ?

J’ai réduit mon rayon d’action, je veux moins me déplacer, je travaille désormais sur Niort et sa proche couronne.

En ce moment je collabore avec Philippe Blanvillain (Tout Est Bois), un entrepreneur qui vient de s’installer à proximité sur un projet de rénovation et d’autres projets sont en cours.

A l’extérieur je collabore avec les architectes Antoine Contamin et Karine Biloey de Niort qui ont la même sensibilité environnementale que notre coopérative sur des projets innovants et atypiques.

Qu’est ce qui continue de t’attirer dans la coopérative aujourd’hui ? Autrement dit, pourquoi ne pas avoir créé ta propre entreprise ?

J’ai l’impression d’être à ma place, je n’ai pas le profil d’un patron dirigeant ses salariés. Là, j’effectue un travail qui a du sens dans une entreprise collaborative de l’économie sociale et solidaire.