À l’AlterBative, plusieurs de nos artisans travaillent le bois. Ils sont charpentiers, constructeurs de maisons à ossature bois ou menuisiers et partagent les mêmes intentions dans leurs chantiers : participer au développement d’un habitat éco-responsable, peu énergivore, plus économique et souvent plus esthétique que les constructions classiques en béton. Mais la réalité de la filière n’est pas toujours au rendez-vous de ces promesses.

Un contexte favorable au bois

Selon les résultats d’une enquête de l’Observatoire National de la Construction Bois publiée en 2019 auprès d’un millier de professionnels, le marché de la construction bois connaît une croissance significative en France.

La France enregistrait en 2018 une hausse de 20 % de la construction bois par rapport à 2016, avec 25 655 nouveaux logements en bois répartis comme suit :

  • 10 855 maisons individuelles en secteur diffus* (+ 12 % par rapport à 2016), 
  • 4 100 maisons individuelles en secteur groupé* (+ 49 %) 
  • et 10 700 logements collectifs * (+ 19 %) 

Cette augmentation remarquable du secteur le propulsait à son plus haut niveau de réalisations de logements en bois depuis 2014.

Un matériaux qui répond aux exigences de l’écoconstruction

Le bâtiment, deuxième secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre en France, a un rôle central à jouer dans l’atteinte de l’objectif de neutralité carbone de la France en 2050. 

De par ses caractéristiques multiples, le bois est l’un des matériaux privilégiés de l’écoconstruction. Si l’un de ces atouts majeurs réside dans sa facilité de construction, pour Julien Hermouet de l’atelier Boiseum, il présente aussi des caractéristiques compatibles avec les objectifs de neutralité carbone : C’est rapide à mettre en œuvre, c’est souvent fabricable en atelier donc plus confortable. On obtient plus facilement de meilleures performances énergétiques. Et le bois est un matériau biosourcé, qui évite le parpaing et le béton. Il stocke le carbone et permet d’arriver à une neutralité ou quasi neutralité dans les processus d’approvisionnement et de construction.”

Pour autant nos artisans s’accordent à dénoncer certains écueils de la filière. Pour Baptiste Mareschal de Wood Avenir, “si le bois est sain pour l’environnement à la base, l’industrie du bois a trop dérivé.  Elle emploie des séchoirs pour sécher vite et utilise des produits de traitement pour tenter de préserver des bois qui ne sont pas coupés au bon moment . C’est une ressource renouvelable, à condition qu’on ne la gaspille pas.”

Veiller à bien s’approvisionner

Dès lors, ces dérives impliquent une démarche autour de l’approvisionnement. À ce jour, notre coopérative travaille avec des fournisseurs qui permettent à nos artisans de s’approvisionner en cohérence avec les valeurs qu’ils véhiculent dans leurs activités.

L’ACEM, implantée depuis 1998 à Châtillon-sur-Thouet dans le département des Deux-Sèvres fait partie de nos fournisseurs. La coopérative de bois a développé son activité au service de 200 entreprises artisanales adhérentes avec l’objectif d’approvisionner en bois et produits dérivés via ses cinq pôles (bois, menuiserie, agencement, quincaillerie et cuisine-électroménager), et de les faire livrer auprès des professionnels menuisiers, charpentiers et ébénistes adhérents. Pour l’Alterbative, l’ACEM est un partenaire de taille :

“Notre coopérative est sociétaire de l’ACEM ce qui permet à tous les entrepreneurs de la CAE de bénéficier de ses services. Il s’agit d’un fournisseur coopératif dont l’intérêt est clairement la satisfaction de ses sociétaires. On y évite ainsi toute la culture du négoce, du marchandage et des dérives que l’on rencontre dans le négoce classique.
Tous les tarifs sont disponibles directement sur un catalogue en ligne. On passe la commande et elle est livrée directement sur le chantier dans un délai record. C’est un atout incroyable pour nos activités artisanales !” 

Nos artisans sont répartis sur le nord de la Nouvelle-Aquitaine et lorsque c’est possible, ils font également appel à de petites scieries proches de chez eux : “Quand je peux, je fais appel à la scierie Barbot, à Chouppes dans la Vienne. Il s’agit d’une scierie locale, traditionnelle. On passe les commandes et on échange de manière humaine et directement avec le patron de la scierie. On lui explique le besoin, les délais, les contraintes. Lui indique les siennes et on travaille ainsi en bonne entente, à “l’ancienne” : sans internet, sans formulaire de contact, ni création de compte, ni panier, ni enquête de satisfaction client, et c’est rudement chouette !”

Privilégier les essences locales

Avec une croissance rapide, une densité supérieure à celle de l’épicéa ou du sapin et d’excellentes caractéristiques mécaniques, le douglas à la faveur de nos artisans. Julien Hermouet justifie ce choix par sa praticité et son circuit court : “il est relativement local, ne nécessite aucun traitement et est disponible en de nombreuses sections pré-débitées.”

D’autres essences trouvent également leur place sur nos chantiers car leur choix dépend avant tout de l’usage du bois :

  • extérieur ou intérieur, 
  • charpente ou menuiserie, 
  • structurel ou ornemental, etc.

À l’occasion nous utilisons du chêne, du châtaignier ou du frêne voire du peuplier. Uniquement des essences européennes, pas d’exotique. Plus rarement du sapin car il provient en général de Sibérie.” explique Julien Hermouet de Boiseum. Baptiste Mareschal de Wood Avenir le confirme : “je pense dans le futur essayer de m’orienter vers des bois plus locaux comme le chêne et le châtaigner, avec les contraintes qui vont avec.”

Une gestion des déchets à l’unisson

Réemploi, chauffage, optimisation des chutes, usage personnel ou don à une école locale pour des activités de bricolage… Tous les moyens sont bons pour éviter les déchetteries. Et quand on leur pose la question, nos artisans sont unanimes : “Un déchet bois, ça n’existe pas chez moi !”


* Secteur diffus / secteur groupé : le secteur diffus est un secteur qui n’est pas encore raccordé aux différents réseaux publics d’assainissement et d’alimentation en énergie. Il se trouve en dehors des lotissements. Tout terrain qui s’y trouve est dit «terrain isolé» ou «terrain diffus». À l’inverse, le secteur groupé correspond aux zones comportant plusieurs maisons.