Si le mois d’août rime avec les vacances pour la plupart d’entre nous, d’autres n’ont pas tari d’efforts pour préparer la rentrée. C’est le cas de Stéphane Vicat, plombier à l’Alterbative qui est intervenu pendant l’été sur le chantier de rénovation d’une grange en salle de spectacle. Après notre focus sur l’isolation des lieux et l’usage du bois pour réduire l’empreinte carbone, coup de projecteur sur le système de chauffage.

Bonjour Stéphane, tu as procédé à l’installation du système de chauffage de la future salle de spectacle. Quelles sont les caractéristiques principales de ce projet ?

Lors de la première réunion avec les autres artisans, la compagnie de spectacle à la tête du chantier nous a présenté le projet et ses envies. Ce premier échange nous a permis de peaufiner les grandes lignes directrices et de vérifier la faisabilité.  

Le projet initial était différent de sa configuration actuelle. Il comprenait une extension à la salle de spectacle qui devait servir de salle d’accueil et de bar. Une salle de bain devait permettre d’assurer l’hébergement des futures compagnies en résidence. Seulement plusieurs paramètres ont conduit à modifier le projet, ce qui a eu un impact sur plusieurs postes de plomberie et notamment sur la conception du système de chauffage.

Quels sont les paramètres qui ont guidé le choix du système de chauffage ?

Parmi les paramètres à prendre en compte, il fallait un chauffage doux mais efficace. Il fallait qu’il soit rapide et compatible avec les contraintes acoustiques et cela dans un budget réduit, le chauffage étant souvent un gros poste de dépense dans les projets de rénovation / transformation.  

À l’origine nous avions pensé à un plancher chauffant, mais l’inertie de celui-ci ne permettait pas de répondre à la rapidité de chauffe, et il était incompatible avec le sol de la scène. La salle étant adaptée à un public de mal-entendant, la transmission des bruits par les vibrations est un aspect important du projet. Et pour ce faire, le sol de la scène est réalisé en bois et fait office de caisse de résonance.

Les radiateurs de grande taille auraient pu être utilisés, mais ils sont moins adaptés à la présence de public et ne correspondaient pas aux critères esthétiques souhaités par la compagnie.

Après avoir contacté une entreprise spécialisée dans les murs et plafonds chauffants sous plaque de plâtre, nous pensions avoir trouvé notre solution, mais cette dernière ayant été rachetée par un groupe il y a peu, semblait uniquement intéressée par l’idée de nous vendre une pompe à chaleur. Or la compagnie a été claire sur ce point, ce mode de chauffage électrique ne leur convenait pas.

Quelques recherches plus tard, il semble que nous ayons une solution qui puisse convenir : des panneaux rayonnant au plafond. 

Des radiateurs au plafond ? Mais la chaleur monte !

Ahaha ! À l’Alterbative nous disons STOP aux idées reçues. Pour faire simple, ce n’est pas la chaleur qui monte, mais l’air chaud qui est plus léger que l’air froid (c’est le principe de la montgolfière), et la transmission de chaleur peut se faire de trois façons :

  • la convection, c’est la transmission de la chaleur par l’air comme décrit avec la montgolfière.
  • la conduction, c’est la chaleur transmise dans la matière comme la queue de la casserole en métal qui est chaude alors que le feu est sous le ventre de la casserole.
  • et enfin le rayonnement. C’est la chaleur que vous sentez près du feu, ou plus simplement celle du soleil. Et on se rend bien compte que le soleil est au-dessus de nous mais nous réchauffe bien. Le rayonnement est la transmission de chaleur la plus douce et la plus efficace.

Donc, après un peu d’explication et d’échange sur le sujet, la compagnie a validé ce mode de chauffage qui paraît le plus adapté au projet.

OK pour le mode de chauffage, mais quelle est la source d’énergie ?

En effet, les émetteurs de chauffage étaient choisis, mais il restait à choisir un mode de production de la chaleur. À ce niveau-là, les choix techniques sont aussi dépendants des besoins que des envies des clients : pas bruyant, pas lumineux, pas 100% électrique, plutôt compact et permettant la production d’eau chaude ultérieurement si le projet grandit, le tout dans le budget du client.

Concernant le bruit et la luminosité, il a vite été évident que le moyen de production ne devait pas être dans la salle. Cela vaut également pour des raisons de sécurité. L’installation d’une chaudière bois bûche aurait pu être envisagée, mais trop volumineuse, et trop chère. 

On imagine que cela a réduit les possibilités…

Oui et il s’est avéré que le choix le plus adapté était un poêle à pellets (poêle à granulés) hydraulique. C’est le poêle qui va chauffer l’eau que l’on enverra dans les panneaux rayonnants. Il sera situé dans une petite extension technique, qui, si un jour le bâtiment s’agrandit, sera dans cette nouvelle pièce. 

Cette solution ne permet pas de profiter du rayonnement du poêle lui-même, mais est difficilement contournable au vu des contraintes établies. Par ailleurs, il pourra également assurer la production de l’eau chaude si nécessaire.

Le passage de nos tuyauteries et les emplacements des panneaux rayonnants sont définis de manière à ne pas gêner l’avancement du chantier et d’être en concordance avec le travail de chacun (Boiseum, Prise en main et Patrimoine innovation). 

La coordination de tous les artisans de l’Alterbative est un aspect important de ce chantier. Comment vous organisez-vous ?

Même si nous ne nous croisons pas vraiment sur le chantier, nous communiquons beaucoup. Cela facilite le travail de chacun et apporte un regard extérieur à chaque corps de métier. Les échanges sont toujours enrichissants et mettent de l’huile dans les rouages de ce projet.

La pose de tous ces choix techniques a eu lieu en août. La salle devrait donc respecter les délais fixés pour son ouverture ! À suivre sur notre site 😉