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Si vous vous promenez entre le plateau du Limousin et les plaines de l’Angoumois, vous remarquerez peut-être que les maisons traditionnelles arborent ces enduits typiques qui s’accordent avec l’aspect de la pierre calcaire fine du bassin charentais. 

C’est ici, en Charente Limousine, que l’une de nos entrepreneure a élu domicile. Forte de ses études d’architecture et d’un parcours qu’elle qualifie avec le sourire de “chaotique”, Clotilde Garnier a installé son activité à Confolens. Sous le nom de La Truelle verte, elle y exerce le métier de maçonne du bâti ancien.

Bonjour Clotilde, peux tu nous expliquer comment tu es devenue maçonne du bâti ancien ?

Après des études d’architecture et diverses expériences dans le bâtiment, j’ai suivi une formation en maçonnerie du bâti ancien à l’Afpa du Vigeant dans la Vienne. Cette formation me semblait être une bonne façon de valider et de compléter ce que j’avais appris en rénovant une ruine pour en faire mon habitation.

À la suite de cette formation, j’ai été salariée pendant 3 ans dans une entreprise du sud Vienne où j’ai aussi appris énormément.

En quoi consiste ton activité ? Quels sont les services que tu proposes ?

J’interviens principalement chez les particuliers propriétaires de vieilles bâtisses. Je rénove les murs en pierre, j’y crée parfois des ouvertures (portes, fenêtres). Je réalise également des enduits et des rejointoiements intérieurs et extérieurs, en chaux-sable, en terre, en chaux-chanvre, ainsi que des stucs (enduits décoratifs intérieurs). 

Je réalise aussi des dalles de béton de chaux, la pose de dallage en terre cuite ou en pierre naturelle.

Tu nous as dit privilégier les matériaux naturels. Quels sont-ils ?

Oui, dès que le cela est possible, j’utilise des matériaux naturels, principalement de la pierre, du sable, de la chaux, mais aussi parfois de la terre, et de la chènevotte.

Quel est ton chantier du moment ?

Cet automne, j’ai commencé un chantier de rejointoiement de façades, que j’ai mis en suspend jusqu’au printemps à cause du risque de gel. Et depuis je suis sur un chantier intérieur, où je réalise des enduits chaux-chanvre et des ouvertures, avec contours en pierres de tailles.

Tu es installée à Confolens, mais jusqu’où te déplaces-tu ?

Il m’arrive de me déplacer jusqu’à 1h autour de ce secteur et au delà si un collègue m’offre le gîte !

En parlant de collègues, est-ce que tu as déjà réalisé des chantiers avec d’autres entrepreneurs de la coopérative ?

Il m’arrive régulièrement de faire appel à l’aide de mes collègues pour un coup de main quand certaines parties d’un chantier sont trop compliquées à réaliser seule, et j’ai aussi eu l’occasion de travailler sur leurs chantiers. 

Il arrive aussi que des collègues hors maçonnerie parle de moi à un client qui cherche un maçon, et on se retrouve à travailler sur un même chantier, chacun sur son activité. En 2017, nous avons travaillé ensemble avec les maçons de la coopérative sur un chantier de rejointoiement. D’autres entrepreneurs (chauffagiste et constructeurs ossature bois) sont intervenus en renfort, pour jouer les manœuvres. C’est pas toujours facile de coordonner l’avancée d’un tel chantier et les agendas de chacun, mais j’en garde de très bons souvenirs.

Comment as-tu découvert l’AlterBative ?

Grâce à un conseiller Pôle emploi qui connaissait le principe des CAE, et le statut d’entrepreneur-salarié. Je voulais créer mon entreprise, mais je n’étais pas rassurée par le fait de me lancer seule. Il m’a donc conseillé de tester l’AlterBative.

Et tu nous as rejoint il y a 4 ans !

Oui, j’ai crée mon activité au sein de l’Alterbative en janvier 2016, et je suis devenue associée en 2018. Je me suis investie petit à petit dans la vie de la coopérative, car il me semble important d’y participer, de comprendre ce qu’il s’y passe et d’y apporter sa contribution. Cette année mes collègues associés m’ont élue cogérante.

Aujourd’hui que t’apporte le statut d’Entrepreneure-salariée ? Quels sont selon toi ses atouts ?

J’apprécie le fait d’être indépendante dans mon activité, de travailler à mon rythme, tout en ayant la protection sociale d’un salarié. Bien que je sois souvent seule sur mes chantiers, je sais que l’équipe d’appui est avec moi, et gère une grosse partie de la paperasse de mon activité. Si j’ai besoin d’aide sur un chantier, que ce soit en main d’œuvre ou en conseils, des collègues sont là pour m’aider.

Que dirais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer à son compte ?

L’Alterbative est un très bon moyen de tester son projet entrepreneurial sans prendre de risques. Puis, de le faire évoluer au rythme de ses besoins. Avancer sur son projet professionnel en CAE offre tout au long du parcours des surprises très enrichissantes humainement.

Enfin, tu as souhaité aborder la question de l’approche féminine de la maçonnerie. Peux-tu nous en dire plus ?

Oui, ce n’est pas toujours simple d’être une femme maçonne, mais j’adapte mon matériel et mon activité au fur et à mesure des difficultés que je rencontre. Quand des travaux demandent de la force, je prends le temps (et je m’en amuse) de me creuser la tête pour ne pas me casser le dos.

Et je trouve souvent des techniques ingénieuses 😉