La force de notre coopérative, réside pour partie dans la pluralité de métiers et de compétences que possèdent nos artisans. L’un d’entre eux, Olivier Morin exerce son activité à Bressuire dans les Deux-Sèvres. Sous le nom La Pierre, la Chaux et les p’tits Bouts de Bois, (ce pourrait être le titre d’un conte du Poitou) ce maçon et charpentier du bâti ancien arpente les murs et les toitures de la région. Nous lui avons rendu visite sur un chantier en cours. 

Bonjour Olivier, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle olivier Morin, je suis maçon et charpentier du bâti ancien. Mon activité d’artisan du bâtiment est le fruit d’une reconversion. J’ai une formation initiale dans la qualité des industries agro-alimentaire. J’ai exercé le métier de responsable qualité dans une huilerie pendant 8 ans avant de quitter mon poste en 2007. J’étais attiré par l’alimentation biologique, la construction durable et de manière générale l’écologie.

À partir de 2008, j’ai réalisé divers travaux en chantier participatif dont un qui a duré un an sur la construction d’une maison en paille. Puis j’ai réalisé des travaux en intérim en tant que charpentier sur des maisons à ossature bois ou des monuments historiques. J’ai également construit la maison de ma maman en brique.

Tu es autodidacte ?

Au début, j’ai voulu m’installer en tant que charpentier mais c’est impossible sans diplôme. Alors j’ai décidé de passer un diplôme de maçon du bâti ancien en 2014 pour parfaire mes connaissances. 

Peux-tu nous en dire plus sur ton quotidien de maçon ? Je crois que tu es aussi couvreur…

Oui, je suis maçon charpentier du bâti ancien et également couvreur tuile. Dans la région les maisons anciennes sont couvertes avec de la “tige de botte” et ce sont très généralement les maçons qui couvrent ces maisons. Mon activité tourne essentiellement autour de la charpente et de la couverture. Lorsque je rénove une charpente, il est souvent nécessaire de la couvrir.

En tant que maçon, je réalise principalement des enduits intérieurs à base de chaux, de sable, de chanvre. Mais il arrive aussi que j’intervienne sur des travaux un peu plus lourds comme des ouvertures de baies par exemple.

Je suis également qualifié RGE pour l’isolation, ce qui me permet d’isoler les maisons et de faire bénéficier les clients du crédit d’impôts et d’autres dispositifs d’aides.

Quel est ton secteur d’intervention ?

Bien que j’essaye de travailler autour de chez moi (à Bressuire) pour pouvoir rester proche de ma famille, il m’arrive de me déplacer dans toute la région.

Peux-tu nous parler de l’AlterBative ? Quelle place trouve la coopérative dans ton activité ?

J’exerce mon activité à l’AlterBative depuis 4 ans. Une amie m’en avait parlé il y a longtemps déjà, puis j’ai rencontré une personne qui travaillait déjà dans une CAE (Oxalis). C’est comme ça que j’ai découvert le statut plus en détail et que je me suis rapproché de l’AlterBative.

Grâce au réseau d’artisans que nous sommes, l’AlterBative facilite le travail coopératif. Souvent lorsque des travaux sont entrepris dans une maison, en maçonnerie par exemple, il est nécessaire de réaliser des travaux complémentaires d’électricité ou de chauffage par exemple. Les entrepreneurs-salariés de l’AlterBative n’hésitent pas à se recommander les uns les autres auprès de leurs clients. 

À ce propos, est-ce qu’il t’est déjà arrivé de travailler avec d’autres entrepreneurs de la coopérative ?

Oui, essentiellement avec Pierre Combastel sur un chantier de couverture, de charpente et d’isolation mais aussi avec Emmanuel Maguis sur un projet de poêle de masse combiné au solaire (lire notre interview sur le sujet).

Et je crois que tu renouvelles ce type de coopération sur ton chantier en cours…

Oui, il s’agit pour moi d’un gros chantier (entre 800 et 900 heures de travail) dans une petite maison. J’ai donc sollicité Emmanuel Maguis (Enerbois) pour la partie chauffage et production d’eau chaude, et Mickal Lacko pour les menuiseries. Tous deux exercent leurs activités au sein de notre coopérative.

Tu évoquais la construction durable, quelles sont les particularités des matériaux que tu utilises ?

J’utilise généralement des produits dits écologiques et locaux si possible mais qui restent d’une manière générale issus de l’industrie, ce qui me chagrine un peu voire beaucoup…

Pour la maçonnerie j’utilise essentiellement de la chaux, du sable, du chanvre, de la pierre naturelle, des briques de terre cuite, de la terre crue et du bois.

Pour la charpente, j’essaye d’utiliser du sapin douglas, mais les délais de livraison me font parfois aller vers des produits de type sapin traités de manière industrielle.

Pour la couverture, je pose de la terre cuite souvent maçonnée à partir de ciment, chaux et sable, question de normes…

Et pour l’isolation, j’utilise le plus souvent de la ouate de cellulose, issue du recyclage.

Que dirais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer à son compte ?

Qu’il faut être un peu fou, avoir le goût du travail, être perspicace et persévérant !