Parce que chaque installation est différente, les plombiers doivent faire preuve d’adaptabilité. Olivier Rippert qui vient de créer Alter Eco Plomberie au sein de l’AlterBative a choisi de s’adapter à sa ville et aux enjeux écologiques de son métier. Il nous parle de son parcours et de son projet que vous croiserez bientôt dans les rues de Poitiers.

Bonjour Olivier, peux-tu nous parler de ton parcours ? Que faisais-tu avant de rejoindre l’AlterBative ?

J’ai longtemps occupé la fonction de commercial dans plusieurs entreprises que ce soit en porte à porte ou en tant que commercial sédentaire. Mais au fil des années, je ne me suis plus épanoui dans ce métier. J’avais envie de redonner du sens à mon activité professionnelle, et de réaliser des tâches concrètes et tangibles. 

J’ai d’abord trouvé satisfaction auprès de la regratterie à Poitiers. C’est un projet associatif qui travaille sur le thème de la revalorisation des matières. Elle propose une recyclerie spécialisée dans le réemploi des déchets, mais aussi des ateliers d’initiation pour favoriser la transmission des savoir-faire et le faire soi-même. J’ai appris à y travailler le bois, à souder et à utiliser du matériel et de l’outillage professionnel. Cette découverte du travail manuel a été une vraie révélation.

C’est ce qui t’a amené à devenir plombier ?

Oui d’une certaine manière, puisque j’ai pris goût au travail manuel et que j’y ai rencontré d’autres professionnels et bricoleurs. L’un d’entre eux m’a aiguillé sur une formation de l’AFPA qui m’a permis de transformer cette activité amateur en activité professionnelle.

J’ai suivi ma formation de plombier en 2016-2017 à l’AFPA du Vigeant et j’y ai obtenu un titre professionnel d’installateur thermique et sanitaire.

Tu envisageais déjà de créer ton entreprise à l’époque ?

Oui, mais j’ai d’abord privilégié le salariat. Acquérir de l’expérience était nécessaire avant d’exercer à mon compte. J’ai travaillé pendant 4 ans en intérim dans des entreprises locales et régionales auprès d’artisans ou de PME. Cette diversité d’expériences m’a permis de mettre mes compétences à l’épreuve sur tous types de chantiers : du chantier de rénovation chez des particuliers jusqu’à de gros chantiers industriels. J’ai notamment supervisé une installation thermique et sanitaire sur la création d’un village vacances de 90 logements sur l’Île-de-Ré. 

Le projet qui t’amène à l’Alterbative est très original. Est-ce que tu peux nous en dire un mot ?

Je souhaite exercer le métier de plombier à vélo. Le principe existe déjà à Paris, à Nantes et ailleurs mais pas encore à Poitiers. C’est une démarche particulièrement adaptée au centre-ville ainsi qu’aux dépannages et aux petites réparations qui représentent une grande proportion des interventions d’un plombier. Ce type d’intervention me permet d’exprimer ce que je recherchais dans le métier de plombier. Les notions de service, d’utilité, de proximité, de lien social, tout y est.

Une question pratique : comment font les plombiers à vélo pour transporter le matériel et l’outillage ?

Il faut savoir que tout l’outillage dont nous avons besoin pour des réparations n’occupe pas autant d’espace qu’on peut l’imaginer. Un cargo sur un triporteur ou des remorques adaptées aux vélos procurent le rangement nécessaire. 

Pour le matériel, c’est souvent le cas également. Et pour des chantiers plus conséquents, l’Alterbative représente une excellente solution. La coopérative nous ouvre l’accès à une centrale d’achat (également sous forme coopérative), qui peut livrer directement chez le client à raison de deux fois par semaine.

Cela rend le vélo viable pour des chantiers plus importants, comme l’installation de matériel de chauffage, et des rénovations complètes. 

Est-ce que le fait de te déplacer à vélo présente des avantages pour les clients ?

Oui absolument. C’est même un des aspects les plus intéressants du projet. Dans les centres villes, la facilité d’accès permet d’être plus réactif et plus rapide. Le vélo est souvent plus pratique qu’un véhicule classique pour se déplacer et pour stationner. Et puis, le coût du vélo et de son entretien permettent de pratiquer des tarifs plus avantageux pour les clients.

Poitiers est en train de se doter de pistes cyclables et je prévois de me déplacer dans le centre, les quartiers et même jusqu’à Biard et Buxerolles.

Tu nous a rejoint il y a à peine un mois (5/05/21). Quelles sont les prochaines étapes pour finaliser le projet ?

En ce moment, je cherche la remorque que j’aimerai faire fabriquer en région. Et même si je peux dans un premier temps la stocker chez moi, j’aimerai trouver un local dans lequel je souhaite à terme développer des ateliers de bricolage et de conseils.

Un espace dédié me permettrait aussi de travailler sur la revalorisation de certains équipements de récupération (sanitaires, éviers etc.) et de proposer des solutions de réemploi notamment pour les plus petits budgets.

Une dernière question avant de nous quitter. Tu aurais pu te lancer sous plusieurs statuts, qu’est-ce qui t’a conduit à choisir celui d’entrepreneur-salarié à l’AlterBative ?

Plusieurs personnes dans mon réseau m’ont parlé de l’Alterbative quand j’évoquais mon projet. Et quand j’ai fait mes recherches, l’entrepreneuriat coopératif m’est apparu comme une évidence. Je me retrouvais dans les valeurs et il me permettait de conjuguer l’indépendance au collectif. 

Par ailleurs, tout l’aspect administratif (pas d’immatriculation auprès de la CMA à faire, pas de démarchage de banque ou d’assurance, etc.), le suivi technique et réglementaire représentent un atout considérable au démarrage. 

Alors que je démarre à peine, Léandre, Kevin ou Stéphane, des plombiers de l’AlterBative, font déjà appel à mes services sur certains de leurs chantiers. Tout cela me confirme que j’ai fait le bon choix.