Électricien à Poitiers sous le nom de Prise en main, Pablo David nous a rejoint en décembre 2019. Il souffle sa première bougie à l’Alterbative et profite du statut d’entrepreneur-salarié depuis le mois d’octobre 2020. Après 10 ans d’entrepreneuriat à son compte, il fait le choix du collectif et nous explique pourquoi…

Bonjour Pablo, pourrais-tu retracer ton parcours d’électricien pour nos lecteurs ?

J’ai débuté dans l’électricité à l’âge de 16 ans en apprentissage dans le cadre d’un CAP installateur d’équipement technique de 1996 à 1998. Je travaillais à Chasseneuil du Poitou chez un artisan qui intervenait principalement en rénovation. Puis j’ai poursuivi mon cursus avec un BEP électrotechnique obtenu en 1999, dans une entreprise spécialisée en dépannage.

Lorsque j’arrive sur le marché du travail, j’exerce le métier d’électricien dans plusieurs entreprises locales. J’enchaîne les contrats et les missions d’intérim jusqu’en 2003.

À cette époque, des questionnements sur certaines pratiques rencontrées lors de mes expériences professionnelles, et le souhait de concrétiser mes envies du moment me conduisent à faire une pause dans le métier d’électricien. Je me lance avec quelques amis dans l’aventure artistique pour vivre de notre passion : la musique. Nous enchaînons les concerts et nos efforts nous permettent d’être éligible au régime de l’intermittence que je conserverai pendant plusieurs années.

C’est le souhait de retrouver une certaine stabilité et l’arrivée de mon premier enfant (j’en ai 3 aujourd’hui) qui me ramène à l’électricité. En 2010, je crée une entreprise de rénovation dans laquelle je propose mes compétences en agencement et en électricité.

10 ans plus tard et après avoir rénové ma maison personnelle pendant 2 ans, de nouvelles aspirations et la rencontre avec 2 électriciens de l’AlterBative (Jérôme et Cédric de l’Alterbative électricité) me conduisent à rejoindre la coopérative.

Quels sont les services que tu proposes depuis que tu fais partie de l’AlterBative ?

Depuis que j’ai rejoint la coopérative, mes chantiers relèvent principalement de la rénovation électrique. Mais mon expérience et mon approche globale de la rénovation me conduisent aussi à un rôle de conseil avec mes clients. Quand cela est possible, j’essaie de les orienter vers des solutions d’économie d’énergie. J’essaie d’amener une proposition globale sur la réflexion énergétique.

Cela peut passer par de l’équipement et du matériel mais ça se traduit souvent par des travaux d’isolation. C’est là que la coopérative est intéressante. Nous avons à portée de main de nombreuses compétences complémentaires.

Tu parles de matériel et de fourniture, est-il possible d’adopter une démarche vertueuse quand on est électricien ?

Oui c’est tout à fait possible d’agir sur cet aspect-là de notre métier. Bien que ce soit plus difficile que pour d’autres corps d’état qui peuvent travailler avec des matériaux biosourcés en circuits-courts, je suis attentif à la provenance des matériaux que j’emploie sur mes chantiers. 

D’abord en essayant de limiter le bilan carbone dû au transport (matériaux européens au maximum) mais aussi en réfléchissant à optimiser la mise en œuvre des solutions que je propose.

Qui sont tes clients aujourd’hui et sur quel secteur interviens-tu ?

Mes clients sont surtout des particuliers. En règle générale, ils font appel à moi pour une rénovation totale de leur habitation ou partielle (une cuisine ou une salle de bain par exemple). Je reçois également beaucoup de demandes pour remplacer d’anciens chauffe-eau électriques, la pose ou le dépannage de volets roulants, etc.

J’habite Celle-Lévescault mais je travaille sur toute l’agglomération de Poitiers. Disons 50 km autour de Poitiers.

Après 10 ans à ton compte, tu aurais pu continuer à exercer sous un statut d’indépendant. Qu’est ce qui t’a conduit à nous rejoindre ?

Un artisan peut rapidement se sentir isolé sur tous les aspects réglementaires et les normes liées à nos métiers. À travers son service d’accompagnement, la coopérative représente un véritable souffle à ce niveau-là. Ce suivi me permet d’être plus serein au quotidien et de limiter les erreurs toujours possibles sur un chiffrage ou une facture. 

C’est également un environnement favorable aux rencontres et à la formation, notamment sur les sujets liés à l’écoconstruction.

Que dirais-tu à quelqu’un qui souhaite créer son activité ?

L’existence des SCOP et des CAE est une excellente chose. Même si ça peut paraître plus compliqué qu’une micro-entreprise au démarrage, ce sera un gain de temps énorme par la suite.