En prenant en compte l’énergie consommée tout au long de son cycle de vie, le bois est sans conteste un matériaux d’avenir. Voilà l’idée que Baptiste Mareschal incarne à travers son activité de charpentier et de constructeur bois. Il nous a rejoint en décembre sous le nom de Wood Avenir. Rencontre avec un constructeur durable.

Bonjour Baptiste, pourrais-tu nous présenter ton parcours ? Comment devient-on charpentier ?

Je ne sais pas si je suis devenu Charpentier, je pense surtout que je fais évoluer mon personnage de constructeur. Après un DUT Génie Civil en formation initiale, j’ai été une dizaine d’année chef d’équipe maçon coffreur bancheur, dans plusieurs entreprises; de l’artisan du village à la multinationale, sur des chantiers de toutes sortes (pavillons, centre hospitalier, ouvrages d’art (pont)). Le bois étant souvent présent dans ce métier, c’est un matériau que j’ai toujours côtoyé.

Comment s’est opéré le changement ?

Suite à une réflexion personnelle amenant à une prise de conscience et après avoir construit ma maison qui sort un peu de l’ordinaire (voir photo ci-dessous), j’ai décidé de changer pour m’orienter vers un domaine plus respectueux de l’environnement. En 2019, je me suis formé professionnellement à la charpente et à la construction bois à Saint Maixent l’école avec le GRETA en passant un CAP Constructeur Bois. Une année très riche en apprentissage.

C’est à ce moment-là que tu as découvert l’AlterBative ?

J’ai intégré l’Alterbative fin 2019, c’est un ami/voisin qui m’a fait découvrir cette structure. Maintenant c’est aussi mon collègue. Il s’agit de Stéphane du Tuyau vert. Il est chauffagiste et installe des chaudières à granulés. J’ai réalisé un silo à granulés pour une de ses installations. D’autres sont à venir.

En quoi consiste l’activité de Wood Avenir ?

Mon activité est axée sur la charpente traditionnelle et la construction en bois (ossature bois). J’essaie d’utiliser des matériaux qui présentent un impact environnemental moindre autant à la fabrication, à la mise en œuvre et au recyclage plusieurs dizaine d’année plus tard. À l’heure actuelle, le traitement des déchets de déconstruction est un réel problème. Il faut commencer dès maintenant à réduire voire même à éviter de les produire.

Pour cela, il faut oublier la plupart des matériaux dérivés du pétrole, privilégier les matériaux locaux et utiliser des bois naturellement durable et d’origines locales (à l’échelle régionale). Même si cela n’est pas possible à 100%, j’essaie de m’en rapprocher au maximum.

Je propose aussi l’isolation des bâtiments existants (un bâtiment consommant peu d’énergie est pertinent autant pour la planète que les utilisateurs), le bardage et les aménagements extérieurs.

Je travaille autant avec les particuliers que les professionnels.

Quelle est ton secteur géographique ?

Dans l’idéal, dans un rayon de 30km autour de chez moi (Vaux 86), pour limiter les déplacements quotidien. Après, suivant les chantiers, s’il est possible de préfabriquer en atelier, je peux me déplacer plus loin pour des projets spécifiques.

Est-ce que tu as eu l’occasion de développer des partenariats avec d’autres entrepreneurs de l’AlterBative ?

Oui, j’ai aidé un collègue menuisier de la coopérative Michal (Atelier Lacko). Et il est prévu que j’aille aider un autre collègue charpentier au printemps, Laurent (Eco Demeure).

Qu’attends-tu de l’entrepreneuriat en coopérative ?

Pour le moment je suis en contrat CAPE, j’espère devenir entrepreneur-salarié à la fin de l’année. Pour moi, les principaux avantages de cette structure sont l’accompagnement technique et administratif, la mutualisation administrative et le réseau d’artisan.

Cela permet  d’être mieux coordonné vis à vis des clients quand plusieurs métiers se côtoient et de pouvoir se donner plus facilement des coups de main entre artisans de la coopérative.